• Alain Delon

     

    Alain Fabien Maurice Marcel Delon, né le 8 novembre 1935 à Sceaux dans les Hauts-de-Seine (France), est un acteur franco-suisse, également producteur et homme d'affaires.

     

    Alain DelonAyant commencé à faire du cinéma à l'âge de 23 ans, il fut un temps l'acteur le plus rentable du cinéma français avec Louis de Funès et Jean-Paul Belmondo, et a attiré dans les salles des millions de spectateurs. Dans les médias anglo-saxons, il a parfois été surnommé « le Brigitte Bardot au masculin » du fait de son physique avantageux et de son succès international. Nombre de films dans lesquels il a joué avec d'autres grands acteurs, sont considérés comme des classiques, tels Plein soleil, Rocco et ses frères, Le Guépard, Mélodie en sous-sol, Le Samouraï, Borsalino, Monsieur Klein, Notre histoire... Il est également un des derniers survivants de cette époque et à ce titre s'attire le respect et l'admiration de nombre de cinéastes contemporains comme Johnnie To, Quentin Tarantino ou Sofia Coppola.

    Sa vie privée se confondit souvent avec sa carrière au cinéma. Il fut le compagnon de l'actrice Romy Schneider avec qui il partagea l'affiche plusieurs fois, notamment dans La Piscine, puis de Nathalie Barthélemy (mère de son fils Anthony), qu'il épousa, de Mireille Darc et, plus brièvement d'Anne Parillaud. De son propre avis, la relation qu'il attendait fut celle de ses quinze années passées avec Rosalie van Breemen de 1987 à 2002, mère de ses deux derniers enfants : Anouchka Delon (Gien, 25 novembre 1990) et Alain-Fabien Delon (18 mars 1994), même s'il affirma que Romy fut son plus grand amour, lors du décès de cette dernière, en 1982.

    La renommée d'Alain Delon est internationale, bien qu'il n'ait pas réussi à s'imposer à Hollywood. Outre l'Europe, il a également connu un grand succès auprès du public asiatique.

    Alain DelonJeunesse

    C'est le vendredi 8 novembre 1935 que naît, à Sceaux, dans le département de la Seine (actuellement dans les Hauts-de-Seine), Alain Delon, fils de Fabien Delon (1904-1977), dirigeant d'un petit cinéma de quartier, Le Régina. Sa mère, Édith Arnold (1911-1995), était préparatrice en pharmacie. Les Delon sont originaires de Saint-Vincent-Lespinasse, dans le Tarn-et-Garonne. Jean Delon, né au XVe siècle, est l'ancêtre de la famille. L'arrière-grand-père paternel d'Alain Delon, Fabien Delon (Saint-Vincent-Lespinasse, 28 décembre 1829 - Figeac (Lot), 12 décembre 1909), décoré de la Légion d'honneur en 1892, était Ingénieur des ponts et chaussées. Sa grand-mère paternelle, Marie-Antoinette Evangelista, était corse originaire de la commune de Prunelli di Fiumorbu, elle avait épousé son grand-père Jean-Marcel Delon alors percepteur dans cette commune.

    En 1939, Alain Delon a quatre ans lorsque ses parents divorcent. Il est alors confié à une famille d’accueil, où le père est gardien de prison. Puis il est placé dans la pension catholique de Saint-Nicolas d'Issy-les-Moulineaux où il passe toute sa jeunesse avec un de ses meilleurs amis, Gérard Salomé. Il se fait renvoyer six fois de l'école. Sa mère épouse alors en secondes noces Paul Boulogne, un commerçant charcutier de Bourg-la-Reine et Alain passe un CAP de boucher pour reprendre sans aucune conviction, le commerce de son beau-père.

    A 14 ans, il a l'occasion de tourner dans un court-métrage Le rapt, un petit film tourné par le père de l'un de ses copains (un extrait exclusif de ce film, enfin retrouvé plus de trente cinq ans plus tard, sera diffusé lors de l'émission Le jeu de la vérité d'Alain Delon sur TF1 en 1985).

    À dix-sept ans, devançant l'appel sous les drapeaux, il effectue son service militaire dans la marine nationale. Après un passage au Centre de Formation Maritime de Pont-Réan, il est affecté à l'Unité Marine de Saïgon en Indochine, pendant la guerre d'Indochine. Moment important, où selon lui, il apprit la rigueur, le respect d'autrui, le travail en équipe (il est souvent devenu ami avec les techniciens de ses films).

    À son retour en 1956, il doit enchaîner les petits métiers pour vivre, notamment dans le quartier des Halles et à Montmartre où il côtoie le monde de la pègre  et des gigolos, dont l'un, selon Bernard violet, un "homosexuel nommé Carlos" assurera sa protection. En l'éloignant de cet univers, sa rencontre amoureuse avec Brigitte Aubert va changer son destin. En traînant dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés il se fait remarquer par Jean-Claude Brialy, qui l'invite au Festival de Cannes, où son physique ne passe pas inaperçu. Il fait un bout d'essai concluant et aborde ainsi le milieu du cinéma, sans formation particulière de comédien. Comme beaucoup d'acteurs, Delon a appris sur le tas ce qu'il sait de son métier.

     

    Carrière cinématographique
    Les années 1950 : les débuts et la gloire

    À Rome où Alain Delon vit avec Gian Paolo Barbieri, qui deviendra un photographe célèbre, il est remarqué par le découvreur de talent américain David O. Selznick. Après un essai réussi, il se voit proposer un contrat de sept ans aux États-Unis par Selznick à la condition qu'il apprenne l'anglais. De retour en France, Delon se met donc à l'étude de cette langue mais il rencontre Yves Allégret qui le convainc de rester en France.

    En 1957, il tourne son premier film Quand la femme s'en mêle d'Yves Allégret dans lequel il a un petit rôle. Aux côtés de la star Edwige Feuillère, d'autres débutants : Pierre Mondy, Sophie Daumier, Bruno Crémer... Dans son film suivant, la comédie Sois belle et tais-toi de Marc Allégret, il côtoie les vedettes Mylène Demongeot et Henri Vidal, et un autre débutant : Jean-Paul Belmondo...

    En 1958 il rencontre Romy Schneider sur le tournage du film Christine, réalisé par Pierre Gaspard-Huit, avec son copain Jean-Claude Brialy et Micheline Presle en compléments. Le coup de foudre est réciproque. Il a vingt-trois ans, elle en a vingt ; ils se fiancent le 22 mars 1959 sous les feux de la presse. Ils incarnent la beauté, la jeunesse, le succès et deviennent un couple célébré par le show business et le public. La belle histoire a pourtant une faille : Alain Delon la trompera avec Nico. Un fils, Ari Boulogne, qu'il n'a jamais reconnu, mais qui fut élevé par la propre mère de Delon, naîtra le 11 août 1962.

    Malgré l'échec de Christine qui lui offrait son premier rôle important, Delon devient une vedette : dans la comédie Faibles Femmes de Michel Boisrond, il retrouve Mylène Demongeot, cette fois ils forment le couple principal - encore la blonde actrice, rivale de Bardot, ne lui suffit-elle pas puisque Pascale Petit et Jacqueline Sassard viennent en rescousse ; dans Le Chemin des écoliers d'après Marcel Aymé, il joue le fils du personnage interprété par Bourvil, Françoise Arnoul et Lino Ventura complétant la distribution.

    Son modèle, son maître en tant qu'acteur est alors et demeurera Jean Gabin auquel il essaiera toujours de ressembler.

     

    Alain DelonLes années 1960 : la consécration

    En 1960, Alain Delon accède au premier rang sous la direction de René Clément avec Plein soleil, adapté du roman Monsieur Ripley de Patricia Highsmith, qui est suivi en 1961 par Rocco et ses frères de Luchino Visconti, qui remporte le Prix Spécial du Jury au Festival de Venise et consacre Delon et Annie Girardot ; puis la jeune star joue un sketch romantique face à Brigitte Bardot dans Les Amours célèbres, film en costumes inspiré des bandes dessinées de Paul Gordeaux, tourné par Michel Boisrond. La même année, Alain Delon commence sa carrière d'homme d'affaires en achetant dans le Vieux Nice, le restaurant « La Camargue ». Dans la foulée du Guépard, Delon s'essaie au théâtre sous la direction de Visconti, dans une pièce de l'élisabéthain John Ford, Dommage qu'elle soit une p..., donnant la réplique à Romy Schneider et Daniel Sorano

    L'acteur s'éloigne des compositions légères de ses débuts. De fait, la comédie anarchiste de René Clément, Quelle joie de vivre, et le sketch de Le Diable et les Dix Commandements réalisé par le vétéran Julien Duvivier (où il séduit Danielle Darrieux), pas plus que Les Amours célèbres, ne figurent parmi ses films marquants. En 1962, il joue aux côtés de Monica Vitti, dans L'Éclipse de Michelangelo Antonioni, film qui obtient le Prix Spécial du Jury du Festival de Cannes. La chanteuse allemande Nico avec qui il a eu une liaison, met au monde Christian Aaron Boulogne, dit Ari Boulogne, le 11 août 1962.

    En 1963 il joue dans Le Guépard de Luchino Visconti, le rôle de Tancrède, en compagnie de Claudia Cardinale et de Burt Lancaster : le film obtient la Palme d'or au festival de Cannes; la même année il tourne Mélodie en sous-sol, sous la direction de Henri Verneuil, qui est récompensé par le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère. C'est lors du tournage de ce classique du genre policier que Delon rencontra Jean Gabin. Cette série de films est considérée comme une suite de chefs-d'œuvre. Alain Delon s'impose également en héros de film d'aventures, face à Virna Lisi, dans La Tulipe noire, de Christian-Jacque, d'après Alexandre Dumas. En 1964 il s'essaie à la production, dans le registre du film d'auteur engagé, avec L'Insoumis d'Alain Cavalier aux côtés de Georges Beaume et Lea Massari. La même année, au mois d'août, peu de temps après sa rupture avec Romy Schneider (leur liaison durait depuis cinq ans), il épouse l'actrice Nathalie Canovas alias Barthélémy, dont il aura un fils, Anthony, né le 30 septembre suivant à Hollywood.

    En 1967, Alain et Nathalie tournent ensemble dans Le Samouraï, le classique de Jean-Pierre Melville. L'année suivante, Delon revient au théâtre pour une pièce de Jean Cau mise en scène par Raymond Rouleau Les Yeux crevés. Durant la décennie, Delon retrouve son maître Clément pour le suspense Les Félins, où il est le prisonnier de Jane Fonda et Lola Albright, et internationalise encore sa carrière : il travaille en Grande-Bretagne pour un sketch de La Rolls-Royce jaune d'Anthony Asquith, avec Shirley MacLaine et George C. Scott, et La Motocyclette de Jack Cardiff d'après André Pieyre de Mandiargues et face à Marianne Faithfull, et à Hollywood pour Les Tueurs de San Francisco, thriller dont il partage l'affiche avec Ann-Margret, Van Heflin et Jack Palance, et Texas, nous voilà, western avec Dean Martin ; dans le film de guerre Les Centurions de Mark Robson, il joue avec Anthony Quinn et George Segal. En 1966, Delon interprète Jacques Chaban-Delmas dans Paris brûle-t-il ? de Clément. Valeur sûre du cinéma français à défaut du marché américain, l'acteur côtoie ses pairs : Lino Ventura dans Les Aventuriers, Julien Duvivier pour le thriller Diaboliquement vôtre avec pour partenaire Senta Berger, Brigitte Bardot une seconde fois dans un sketch des Histoires extraordinaires, d'après Edgar Poe, réalisé par Louis Malle. En 1968, Delon affronte Charles Bronson dans le policier Adieu l'ami écrit par Sébastien Japrisot et réalisé par Jean Herman.

    La même année, la star monte sa propre société de production Adel. Il produit son premier film avec sa société, Jeff, également réalisé par Herman. Par ailleurs il sait que Nathalie Delon veut le quitter et il ne l'accepte pas. Il a rencontré Mireille Darc et ils se fréquentent. Il lui propose de jouer avec lui dans Jeff. Delon clôt la décennie avec deux classiques du film noir : La Piscine, qui est l'occasion de retrouvailles spectaculaires avec Romy Schneider devant la caméra de Jacques Deray, et Le Clan des Siciliens, retrouvailles avec Verneuil et Gabin.

     

    Alain DelonLes années 1970 : toujours le succès

    En 1970 Delon tourne avec Jean-Paul Belmondo, son unique rival dans le cinéma français, Borsalino, classique du film de gangsters signé Jacques Deray. En 1970 et 1972, Delon tourne de nouveau avec un de ses maîtres, Jean-Pierre Melville, Le Cercle Rouge, face à Bourvil (son père dans Le Chemin des écoliers onze années plus tôt), et Un flic qui marque sa rencontre professionnelle avec Catherine Deneuve et Richard Crenna. Durant la décennie, il développe et pousse à l'extrême deux aspects essentiels de son personnage cinématographique : le fétichisme du vêtement (chapeau et imperméable) et le professionnalisme. On retrouve cet aspect dans Le Cercle Rouge, Un flic et Borsalino & Co... Tournée en 1974, la suite de Borsalino se fait sans Belmondo (son personnage étant mort dans le précédent film), mais avec Deray ; la même année Delon accepte le rôle principal de Zorro, succédant à Douglas Fairbanks et Tyrone Power, pour faire « soi-disant » plaisir à son fils Anthony, enfant à l'époque.

    Dans les années 1970 et au début des années 1980, Alain Delon apparaît dans un grand nombre de films d'action, en majorité des polars, où il interprète des personnages de héros, ou parfois d'anti-héros tragiques : Doucement les basses avec Nathalie Delon et Paul Meurisse, Flic Story (rôle de Roger Borniche), Le Gang d'après Borniche, Trois hommes à abattre, aux côtés de l'actrice italienne Dalila Di Lazzaro, d'après Jean-Patrick Manchette, tous de Jacques Deray. Le Gitan avec Bernard Giraudeau et Renato Salvatori, son frère dans Rocco, et Comme un boomerang (aux côtés de Charles Vanel), mis en scène par José Giovanni, Mort d'un pourri de Georges Lautner, sur un scénario de Michel Audiard, avec Ornella Muti et Klaus Kinski... À la même époque Delon tourne le western Soleil rouge du Britannique Terence Young, où il interprète « Gotch », rivalisant avec Bronson, Toshiro Mifune et Ursula Andress, et il tentera de nouvelles incursions dans le cinéma américain en tenant l'un des rôles principaux du thriller Scorpio réalisé par Michael Winner, aux côtés de Lancaster et Gayle Hunnicutt, et du film catastrophe Airport 80 Concorde aux côtés de Sylvia Kristel et Robert Wagner (acteur), qui ne remporte pas un grand succès commercial.

    1971 marque sa première rencontre avec Joseph Losey pour L'Assassinat de Trotsky, où il se confronte à Romy Schneider et à Richard Burton. Quelques années plus tard Monsieur Klein, chef d'œuvre de Losey, dont Delon est l'acteur principal et le producteur, repart bredouille du festival de Cannes 1976, mais s'avère un beau succès critique. En 1977 à la 2e cérémonie des César, il remporte le César du meilleur film.

    Delon tourne deux fois avec Simone Signoret dans La Veuve Couderc de Pierre Granier-Deferre et Les Granges brûlées de Jean Chapot, et se mesure une dernière fois à Jean Gabin dans le tragique Deux hommes dans la ville de José Giovanni. Alain Jessua offre également à l'acteur deux rôles intéressants, dans Armaguedon face à Jean Yanne et Salvatori, et surtout dans l'éprouvant Traitement de choc où il apparaît nu et frappe Annie Girardot.

    Alain Delon et Mireille Darc travaillent ensemble pour Madly, Les Seins de glace de Lautner et L'Homme pressé d'Edouard Molinaro d'après Paul Morand. Et en 1973, le séducteur de l'écran donne la réplique à Dalida, dans le duo Paroles, paroles..., dans lequel lui-même ne chante pas, à la différence de sa partenaire.

    Il produit le thriller Le Jeu de la puissance/Power Play avec notamment les stars britanniques David Hemmings, Peter O'Toole et Donald Pleasence.

    Si les choix commerciaux de Delon sont souvent critiqués, force est de reconnaître qu'il n'a jamais quitté le cinéma d'art. Outre les réussites déjà citées, il paraît en 1972 dans Le Professeur de l'Italien Valerio Zurlini, qui impose un Delon fatigué, et en 1978 la star produit Attention, les enfants regardent de Serge Leroy, film atypique et passé injustement inaperçu, dans lequel l'acteur apparaît brièvement mais de façon marquante et totalement à contre-emploi.

     

    Alain Delon

    Les années 1980-1990 : échecs à répétition

    En 1981 Delon réalise dans la veine du polar, son premier film : Pour la peau d'un flic, d'après Jean-Patrick Manchette et qui révèle Anne Parillaud. Il joue dans Trois hommes à abattre, où il rencontre Dalila Di Lazzaro. Étant producteur, Delon avouera que tous les films incluant dans leur titre le terme « Flic », qu'il choisira lui-même, s'avéreront être des succès commerciaux. L'année suivante l'acteur retrouve Catherine Deneuve dans Le Choc de Robin Davis, d'après Manchette encore, dont il co-signe l'adaptation et les dialogues (ce n'est pas la première fois). Il reviendra à la réalisation en 1983 pour Le Battant, avec de nouveau Anne Parillaud et Richard Anconina dans un second rôle. En 1984, il incarne le baron de Charlus dans Un amour de Swann, adaptation de Proust dirigée par Volker Schlöndorff, qui recueille des critiques mitigées.

    L'année suivante, Alain Delon s'écarte de nouveau de son personnage de héros de polar pour tourner dans Notre histoire de Bertrand Blier, qui lui vaut d'être récompensé par le César du meilleur acteur en 1985. La même année il s'installe en Suisse à Chêne-Bougeries, dans la banlieue de Genève.

    S'ensuit à partir de la seconde moitié des années 1980, Le Battant, son second film en tant que réalisateur, et Parole de flic de Pinheiro (face à Jacques Perrin et le débutant Vincent Lindon) qui sont de vrais succès publics mais ne lui permettent pas de renouveler son image, ce qu'il tente de faire avec le film fantastique Le Passage, qu'il produit et dont il co-écrit le scénario ( le générique chanté par Francis Lalanne connaîtra aussi le succès), et en jouant pour la première fois depuis 1962, dans un téléfilm, la mini-série Cinéma, dont il interprète aussi la chanson générique. Il y retrouve sa « marraine en cinéma » : Edwige Feuillère. Après le film Ne réveillez pas un flic qui dort où figurent aussi Michel Serrault et Serge Reggiani (parodié par la suite par Les Inconnus dans le sketch Ne réveillez pas les couilles d'un flic qui dort), Alain Delon cesse d'apparaître en héros de polar. Si Nouvelle Vague qu'il tourne sous la direction de Jean-Luc Godard, lui permet de retrouver la faveur de certains critiques, il ne touche pas le grand public, pas plus qu'avec un film plus commercial le thriller Dancing Machine. Le Retour de Casanova, adaptation par Jean-Claude Carrière d'un roman d'Arthur Schnitzler, malgré la composition de Delon (sa prise de poids volontaire est interprétée comme une dégradation due à l'âge) entouré par Elsa et Fabrice Luchini, ne remporte pas non plus le succès espéré et mérité. Alain Delon tourne ensuite coup sur coup sous la direction de Jacques Deray deux films noirs, Un crime et L'Ours en peluche (ce dernier adapté de Georges Simenon), dont aucun ne remporte de succès.

    Il joue avec Lauren Bacall, dans Le Jour et la Nuit sous la direction de l'écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy. La promotion colossale du film est suivie d'une réception critique effroyable (« plus mauvais film depuis 1945 » selon Les Cahiers du Cinéma). Véritable fiasco commercial, Le Jour et la nuit est l'un des plus lourds échecs de la carrière d'Alain Delon.

    L'année suivante il apparaît dans Une chance sur deux, réalisé par Patrice Leconte : ce polar de divertissement met en scène sur un mode nostalgique, des retrouvailles artistiques avec Jean-Paul Belmondo, trente ans après Borsalino, avec pour présence féminine Vanessa Paradis. Même si il dépasse le million d'entrées, le film ne remporte cependant pas le succès commercial escompté. En 1999 il met fin à sa carrière au cinéma, bien que par la suite il accepte quelques rôles. La même année il obtient la citoyenneté genevoise et suisse pour des raisons fiscales apparemment  (ce qui n'empêchera pas qu'il soit nommé officier de la Légion d'honneur quelques années plus tard), sans perdre pour autant la nationalité française.

    Sur le plan sentimental, Alain Delon se sépare de Mireille Darc après quinze ans de vie commune. Après une brève idylle avec l'actrice Anne Parillaud, il rencontre en 1987 Rosalie Van Breemen un mannequin hollandais, sur le tournage du vidéo-clip de sa chanson Comme au cinéma. Rosalie lui donne deux enfants : Anouchka, née le 25 novembre 1990, et Alain-Fabien, né le 18 mars 1994. En 1993, il se sépare de son palais de Sidi Mimoun à Marrakech qu'il a habité pendant quinze ans avec Mireille Darc. Alors que sa carrière sur le grand écran marque le pas, Delon retourne sur les planches à partir de 1996 en jouant une pièce d'Eric-Emmanuel Schmitt (Variations énigmatiques).

     

    Alain DelonLes années 2000 : retour aux succès, à la télévision, au théâtre et au cinéma

    Bien qu'ayant annoncé qu'il mettait un terme à sa carrière cinématographique, comme beaucoup d'artistes qui n'en finissent pas de partir, il accepte en 1999 de figurer dans le film de Bertrand Blier Les Acteurs, dans lequel il rend hommage à Gabin, Bourvil, Montand, Signoret et de Funès.

    En 2001 le photographe Christian Aaron Boulogne, le fils de la mannequin, actrice et chanteuse allemande Nico, publie un livre de souvenirs L'amour n'oublie jamais, chez Jean-Jacques Pauvert, dans lequel il affirme être le fils caché et non reconnu d'Alain Delon, avec qui il partage une ressemblance physique. Il a d'ailleurs été élevé par les parents d'Alain Delon, qui a rompu avec eux à la suite de cela (voir le documentaire Nico Icon qui contient le témoignage dramatique de la propre mère de l'acteur dans le modeste pavillon de celle-ci). La même année, Alain Delon incarne avec succès le commissaire de police Fabio Montale de Marseille, dans une série policière d'après l'œuvre de Jean-Claude Izzo pour TF1, qui s'avère être un des scores historiques pour la télévision française en termes d'audience avec 12,4 millions de téléspectateurs. Il jouera ensuite en 2003 et 2004, le rôle de Frank Riva dans la série du même nom pour France 2, où il retrouve Jacques Perrin et Mireille Darc. Toujours pour la télévision, il tourne dans Le Lion d'après le roman de Joseph Kessel et sous la direction de Pinheiro, auprès de sa fille Anouchka et d'Ornella Muti.

    En octobre 2002 Alain Delon et Rosalie Van Breemen se séparent, il est âgé de soixante-sept ans et aura vécu quinze ans avec elle. Dépressif, Delon avoue souvent à la presse son manque d'envie de continuer à vivre. En 2003, Claudia Cardinale, sa partenaire dans Le Guépard en 1963, lui remet l'Étoile d'Or du Festival international du film de Marrakech. Il est fait Officier de la Légion d'honneur en 2005, par le président de la République française Jacques Chirac pour « sa contribution à l'art du cinéma mondial ». En 2008, il tient le rôle de Jules César dans Astérix aux Jeux Olympiques, film à très gros budget qui attire plus de six millions de spectateurs dans les salles, ce chiffre étant cependant inférieur au succès escompté (le film est de surcroît très mal accueilli par la critique). Alain Delon continue sa carrière sur les planches, interprétant notamment en 2007 Sur la route de Madison et en 2008 Love Letters, successivement avec Mireille Darc et Anouk Aimée.

     

    Alain Delon

    Les années 2010 : le dernier Samouraï d'une génération

    En 1972 et 1973, il organise en France les championnats du monde de boxe avec les affiches Jean-Claude Bouttier / Carlos Monzón (17 juin 1972 et 29 septembre 1973) puis Carlos Monzón / José Nápoles (avril 1974). Par ailleurs, il constitue une écurie de chevaux de course et obtient le titre de champion du monde des trotteurs avec ses chevaux Equileo et Fakir du Vivier.

    En 1978, il crée sa société de diffusion de produits de luxe, « Alain Delon Diffusion SA » à Genève : sous son nom, on y trouve des parfums comme AD qui connait immédiatement un grand succès commercial. Il est suivi en 1981 d'une fragrance pour femme « Le Temps d'Aimer ». Ces deux lignes, après avoir connu un immense succès pendant plus de vingt ans, ont été remplacées par d'autres fragrances, telles que « Samouraï » qui fait partie du top cinq des best sellers au Japon, « Samouraï Woman », « Shogun » ou encore « Samouraï Woman Pinkberry », du champagne, du cognac, des montres, des lunettes, des cigarettes, des vêtements et des accessoires griffés à son nom. Les concepteurs de ces différents produits de luxe ne sont pas connus. Les lunettes de soleil de la marque « Delon » devinrent particulièrement célèbres à Hong-Kong lorsque l'acteur Chow Yun-fat les porta dans le film Le Syndicat du crime et ses deux suites. John Woo, réalisateur du film, déclara par ailleurs être un admirateur de Delon et de son jeu d'acteur.

    Alain Delon

     

    Récompenses et distinctions

     

    Médaille commémorative de la campagne d'Indochine
        1972 : Prix David di Donatello spécial
        1977 : nomination au César du meilleur acteur pour Monsieur Klein de Joseph Losey
        1978 : nomination au César du meilleur acteur pour Mort d'un pourri de Georges Lautner
        1985 : César du meilleur acteur pour Notre histoire de Bertrand Blier
        1995 : Ours d'Or d'Honneur Festival de Berlin
        2003 : Étoile d'Or du Festival international du film de Marrakech
        2005 : Officier de la Légion d'honneur
        2006 : DIVA - Lifetime Achievement Award à Berlin
        2012 : Festival international du film de Locarno - Lifetime Achievement Award

     

    Tous mes FILMS

     

     

    Monsieur le Président

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    « Le clan des siciliensLes bronzés »
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