•  

    Le Loup et l'Agneau est la dixième fable du livre I de Jean de La Fontaine situé dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668.

    Cette fable est inspirée de celle de Phèdre : « Un loup et un agneau pressés par la soif étaient venus boire à un même ruisseau. Le loup était au-dessus, et l'agneau beaucoup plus bas. Alors ce voleur, poussé par son avidité et par sa rage, cherchant querelle dit à l'agneau : « Pourquoi viens-tu ici troubler l'eau que je bois ? ». L'agneau lui répondit en tremblant : « Ô loup, comment, je vous prie, puis-je faire ce dont vous plaignez, puisque l'eau coule de vous à moi, avant que je la boive ? ». Le loup, repoussé par la force de la vérité, lui dit : « Mais il y a près de six mois que tu as médit de moi. - Certes, lui répondit l'agneau, je n'étais pas encore né. - Si ce n'est toi, c'est donc ton père qui a médit de moi. » Et ainsi il se jette sur lui, le déchire, et le tue injustement. Cette fable est faite pour ceux qui, sous de faux prétextes, oppriment les innocents. » Phèdre (v. 15 av J.C. - v. 50 ap J.C.), traduction de Lemaistre de Sacy citée par Marc Fumaroli, Fables, éd. De Fallcis.

    Cette fable dénonce ce que l'on peut appeler « la loi du plus fort ».

     

    Le loup et l'agneau

     

     

     

    Le Loup & l’Agneau.

    La raison du plus fort est toujours la meilleure :
    Nous l'allons montrer tout à l'heure.
    Un Agneau se désaltérait
    Dans le courant d'une onde pure.
    Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
    Et que la faim en ces lieux attirait.
    Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
    Dit cet animal plein de rage :
    Tu seras châtié de ta témérité.
    Sire, répond l'Agneau, que Votre Majesté
    Ne se mette pas en colère ;
    Mais plutôt qu'elle considère
    Que je me vas désaltérant
    Dans le courant,
    Plus de vingt pas au-dessous d'Elle ;
    Et que par conséquent, en aucune façon,
    Je ne puis troubler sa boisson.
    Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
    Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
    Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
    Reprit l'Agneau ; je tette encor ma mère
    Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
    Je n'en ai point. C'est donc quelqu'un des tiens :
    Car vous ne m'épargnez guère,
    Vous, vos Bergers et vos Chiens.
    On me l'a dit : il faut que je me venge."
    Là-dessus, au fond des forêts
    Le loup l'emporte et puis le mange,
    Sans autre forme de procès.

     

     

     

     

     

     

    Retour aux thèmes

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique