• Le magicien d'Oz

     

    Le Magicien d'Oz (The Wizard of Oz) est un film musical américain de Victor Fleming, adapté du roman éponyme de L. Frank Baum et sorti en 1939.

    Fortement ancré dans la culture populaire américaine, au même titre que Autant en emporte le vent ou Une étoile est née. Le Magicien d'Oz est le film qui a été le plus vu dans le monde d'après la Bibliothèque du Congrès américain. Il est classé au Registre international Mémoire du monde de l'UNESCO.

     

    Générique

     

    Synopsis

    Dorothy Gale, une jeune orpheline, est élevée dans une ferme du Kansas tenue par sa tante et son oncle. Son chien Toto étant persécuté par la méchante Almira Gulch, Dorothy demande aux trois ouvriers de la ferme de le protéger. Cependant personne ne semble prendre au sérieux les craintes de la jeune fille. Sa tante Elm lui reproche son imagination et lui demande de trouver sa place dans un monde sans problème.

    Almira Gulch finit par s'emparer de Toto avec l'intention de le tuer. Mais le chien s'échappe et retourne près de Dorothy qui décide alors de s'enfuir. Sur le chemin, elle rencontre le professeur Marvel qui parvient à la persuader de retourner auprès de sa famille.

    Arrivée à la ferme, une tornade se forme avant que Dorothy ne puisse se réfugier dans la cave. Pour se protéger, elle s'enferme dans sa chambre mais la maison est emportée par la tornade. Par la fenêtre, Dorothy voit Almira Gulch sur sa bicyclette se transformant en une sorcière chevauchant un balai. La maison finit par atterrir à Munchkinland, une contrée du pays d'Oz. Dorothy rencontre Glynda, la bonne sorcière du Nord et apprend que la maison vient de tuer la Sorcière de l'Est en lui atterrissant dessus. Dorothy fait ensuite la connaissance avec les Munchkins, les habitants de Munchkiland. Arrive alors la Méchante Sorcière de l'Ouest qui vient réclamer les chaussures magiques de sa sœur qui vient de mourir. Malheureusement pour elle, Dorothy en a déjà pris possession ; la sorcière jure alors vengeance contre elle et son chien Toto.

    Glynda demande à Dorothy de partir demander l'aide du magicien d'Oz à la cité d'Émeraude. Pour ce faire, elle doit suivre la route de brique jaune. En chemin, elle rencontre successivement un épouvantail en manque de cerveau, qui pourtant fait preuve d'une grande astuce, un homme de fer-blanc en manque de cœur, qui pourtant fait preuve d'une grande gentillesse, et un lion en manque de courage. Les trois accompagnent Dorothy jusqu'à la cité d'Émeraude avec l'espoir que le magicien d'Oz palliera leur handicap respectif. Mais c'est sans compter sur la Méchante Sorcière de l'Ouest qui en veut à Dorothy...

    Une fois sur place ils rencontrent le magicien d'Oz qui apparaît comme une tête flottante entourée de feu et de fumée. Il fait croire à ses invités qu'il pourra les aider s'ils prennent possession du balai de la Méchante Sorcière de l'Ouest.

     

    Sur le trajet du château de la sorcière, Dorothy et ses amis sont attaqués par des singes volants envoyés par la sorcière. La jeune fille et son chien sont capturés et amenés à la Méchante Sorcière de l'Ouest qui lui demande les souliers. Dorothy accepte après la menace de mort envers Toto mais une force magique empêche la sorcière d'en prendre possession. Celle-ci explique alors à Dorothy qu'elle doit la tuer pour pouvoir les lui enlever. À ce moment-là, Toto profite du manque d'attention de la sorcière pour s'échapper. La sorcière enferme alors Dorothy pour réfléchir à la manière de la tuer sans abimer les chaussures. Pendant ce temps, Toto retrouve les amis de sa maîtresse et les mène au repaire de la Méchante Sorcière de l'Ouest pour la libérer. Ils la retrouvent mais le groupe est pris au piège par les troupes de la sorcière. Une bagarre s'engage entre tous et Dorothy arrose la sorcière avec de l'eau, ce qui la fait fondre.

    À leur retour à la cité d'Émeraude, Toto découvre le pot aux roses du magicien d'Oz. Ce n'est en fait qu'un simple homme sans pouvoir qui utilise des artifices pour paraître impressionnant. Le groupe d'amis est déçu de cette découverte mais le « magicien » tient finalement sa promesse. Il n'utilise pas de magie mais persuade chacun qu'il a déjà au fond de lui ce qu'il recherche depuis toujours.

    Après cela le magicien raconte son histoire et comment il a atterri au pays d'Oz. Il promet ensuite à Dorothy de la ramener au Kansas ainsi que la maison, laissant la responsabilité de la cité d'Émeraude à l'épouvantail, à l'homme de fer et au lion. Le magicien, Dorothy et Toto embarquent dans la montgolfière de celui-ci mais le petit chien saute en dehors. Dorothy saute à son tour avec le magicien pour le récupérer, laissant partir le ballon. Dorothy semble résignée à rester pour toujours au pays d'Oz jusqu'à ce que Glinda ne lui montre la voie. Depuis le début, elle avait la capacité de rentrer chez elle mais il fallait qu'elle le découvre par elle-même.

    Dorothy fait ses adieux pour de bon à ses amis et suit les instructions de la bonne fée. Elle se réveille alors dans sa chambre du Kansas entourée de sa famille. Elle leur raconte son voyage fantastique qui ne manque pas de les faire rire.

     

     

    Judy Garland - Over the rainbow

     

    Fiche technique

    Titre original : The Wizard of Oz
    Titre français : Le Magicien d'Oz
    Réalisation : Victor Fleming ; Richard Thorpe, George Cukor, King Vidor et Mervyn LeRoy
    Scénario : Noel Langley, Florence Ryerson et Edgar Allan Woolf d'après le livre de L. Frank Baum ; William H. Cannon, Irving Brecher, Herman J. Mankiewicz, Ogden Nash, Herbert Fields, Samuel Hoffenstein, Jack Mintz, John Lee Mahin et E.Y. Harburg
    Lyrics : Yip Harburg
    Musique : Harold Arlen
    Direction musicale : Herbert Stothart
    Chorégraphie : Bobby Connolly
    Direction artistique : Cedric Gibbons
    Costumes : Adrian
    Maquillages : Jack Dawn
    Photographie : Harold Rosson et Allen M. Davey (associé)
    Effets spéciaux : A. Arnold Gillespie
    Son : Douglas Shearer
    Montage : Blanche Sewell ; Margaret Booth
    Production : Victor Fleming et Mervyn LeRoy ; Arthur Freed
    Sociétés de production : Metro-Goldwyn-Mayer et Loew's Incorporated
    Société de distribution : Metro-Goldwyn-Mayer
    Budget : 2 600 000 $
    Pays d'origine :  États-Unis
    Langue : anglais
    Format : Noir et blanc / couleurs (Technicolor) - 35 mm - 1,37:1 - Son mono (Western Electric Sound System)
    Genre : Film musical
    Durée : 98 minutes
    Dates de sortie :  États-Unis : 12 août 1939 (avant-première à Oconomowoc, Wisconsin) ; 25 août 1939 (sortie nationale)
        France : 26 juin 1946 et en ressortie le 15 décembre 1999.
        Belgique : 8 août 1946

     

    Bande Annonce remasteriser

     

    Distribution

    Judy Garland (VF : Renée Simonot) : Dorothy Gale
        Frank Morgan (VF : Jacques Berlioz) : le Magicien d'Oz (Wizard of Oz) / le professeur Marvel / le cocher / le portier de la cité d'Émeraude
        Ray Bolger (VF de 1946 : Maurice Nasil) : Hunk / l'Épouvantail
        Bert Lahr : Zeke / le Lion peureux
        Jack Haley : Hickory / l'Homme de fer-blanc
        Billie Burke : Glinda, la bonne fée du Nord
        Margaret Hamilton : miss Gulch / la Méchante sorcière de l'Ouest / la Méchante sorcière de l'Est
        Charley Grapewin : Oncle Henry
        Clara Blandick : tante Olympe
        Meinhardt Raabe : un munchkin

    Production

    Genèse

    En 1924, la Metro-Goldwyn-Mayer envisage d'adapter le roman de L. Frank Baum, Le Magicien d'Oz. La MGM et Frank Joslyn Baum, le fils de l'auteur, ne trouvant pas d'accord, les droits du livre sont obtenus par la Chadwick Pictures. En 1933, c'est Samuel Goldwyn qui négocie avec Baum pour faire une comédie musicale mais aucun accord n'est finalement trouvé. C'est finalement le 26 janvier 1934 que le Samuel Goldwyn Studio obtient les droits du roman pour 40 000 $.
    C'est après le succès de Blanche-Neige et les Sept Nains que Louis B. Mayer, président de la MGM, se voit suggérer d'essayer d'acquérir les droits du Magicien d'Oz pour le porter à l'écran et ainsi s'inspirer de la réussite de Walt Disney. Depuis le décès de Irving Thalberg en 1937, Mayer est à la recherche d'un nouveau producteur. Il finit par engager un producteur-réalisateur de 38 ans, Mervyn LeRoy et par pure coïncidence, l'un des premiers projets qu'il propose au studio est l'adaptation du Magicien d'Oz. Louis B. Meyer accepte de faire ce film mais Mervyn LeRoy souhaite également le réaliser. Meyer refuse estimant que son producteur ne pourra pas assurer le travail de production en plus de celui de réalisation. LeRoy engage Arthur Freed pour l'aider dans la mise en place de cette production qui s'annonce importante et pour laquelle ils n'ont pas encore les droits.

    Scénario
    La valse des scénaristes

    Avant l'acquisition des droits du livre de Baum, la MGM se demande comment l'adapter sans perdre la « magie » originelle. En janvier 1938, William H. Cannon, l'assistant de LeRoy, est le premier à réfléchir à la manière de rendre l'histoire plus dramatique. Un mois plus tard, le 3 février 1938, Mervyn LeRoy est officiellement nommé producteur du film avec la signature de son contrat et quelques jours après Samuel Goldwyn accepte de céder les droits du livre pour 75 000 $ à Loew's Incorporated, une filiale de la MGM.

    Irving Brecher est le premier scénariste à travailler sur le script mais il est immédiatement prié de travailler sur un autre projet, Un jour au cirque avec les Marx Brothers. C'est Herman J. Mankiewicz qui prend sa suite le 28 février 1938 jusqu'au 7 mars 1938 quand Ogden Nash lui est associé.

    Le 11 mars se joint à eux Noel Langley, un sud-africain de 26 ans, qui est un de ceux qui apporte le plus à l'histoire. C'est lui qui change les souliers d'argent de Dorothy en souliers sertis de rubis et qui transpose les ouvriers de la ferme dans le monde imaginaire. Il ponctue son script par la morale de l'histoire : « rien ne vaut sa maison ».

    Le 23 mars Mankiewicz quitte l'équipe tandis que Herbert Fields l'intègre le 19 avril 1938 pour trois jours et aucune modification majeure. Un nouveau scénariste, Samuel Hoffenstein, travaille sur le script pendant quelques jours sans rien apporter de nouveau avant que Noel Langley ne rende sa dernière version le 4 juin 1938. Le scénario est immédiatement transmis à Florence Ryerson et Edgar Allan Woolf qui l'ajustent avant de rendre leur premier jet le 13 juin. Ils sont alors débarqués du projet par Arthur Freed qui va les faire travailler sur sa nouvelle production, Place au rythme.

    Noel Langley est de nouveau sollicité pour améliorer le scénario et restera en place jusqu'au début du tournage. Le 3 août 1938, il est associé à Jack Mintz qui reste moins d'un mois et le script définitif est finalement rendu le 8 octobre 1938. Quand Victor Fleming arrive le 3 novembre 1938 pour prendre le film en main, il amène dans son sillage John Lee Mahin qui aura pour tâche de modifier le scénario au fil du tournage.

    Au final, quatorze scénaristes ont été nécessaires à l'élaboration du scénario, dont la version finale est datée au 28 février 1939. Seulement trois seront crédités au générique : Noel Langley, Florence Ryerson et Edgar Allan Woolf.

    Comparaison du film avec le livre

    Il existe plusieurs différences entre le livre original et le film. L'histoire est la même mais des détails changent ou disparaissent dans le film. L'un des changements majeur est la transformation des souliers de Dorothy. Originellement, ils sont en argent alors que dans le film Judy Garland porte des souliers de rubis. Ce changement est une manière de mettre en valeur la nouvelle technologie de l'époque, le Technicolor.

     

    Au Kansas

    Les séquences se déroulant au Kansas sont quasiment absentes de l'histoire originale, n'apparaissant que sous forme de petits paragraphes au début et à la fin du livre. Les trois ouvriers agricole, Miss Gulch et le Professeur Marvel sont des inventions des scénaristes n'apparaissant dans aucun livre de L. Frank Baum.

     

    Le pays d'Oz

    Baum a construit l'univers d'Oz en créant diverses histoires mettant en scène les différents personnages et lieux de ce pays imaginaire, des intrigues secondaires que le film ignore en grande partie. Dans le livre les héros sont notamment confrontés à d'agressifs requins marteaux et se retrouvent dans une ville où tout est en porcelaine, même les habitants.

    Dans le roman la Gentille Sorcière du Nord et Glinda, la Gentille Sorcière du Sud, sont deux personnages bien distincts. Dorothy rencontre la Gentille Sorcière du Nord, dont le nom n'est pas mentionné, qui est incapable de se servir de la puissance des souliers d'argent. Pour cette raison elle envoie la jeune fille à Oz et c'est après avoir fait connaissance avec Glinda que celle-ci lui dévoile le secret des chaussures. Dans le film, Glinda est la somme des deux sorcières.

    La morale que découvre Dorothy à la fin du film, « rien ne vaut sa maison », est également une invention des scénaristes. Dans le livre la Méchante Sorcière de l'Ouest ne s'aventure pas à Munchkinland par crainte du magicien et des deux bonnes sorcières. La méchante sorcière du film a un aspect plus conventionnel que dans le livre. Dans l'œuvre de Baum elle est borgne et a le teint pâle. De plus elle ne se sert pas d'un balai magique pour voler mais d'un parapluie. Elle a également la particularité d'avoir peur du noir et évolue donc dans un univers lumineux contrairement au film où son château est dans les tons sombres. De même, ses vêtements sont blancs alors que dans le film elle arbore une robe noire.

    Autre différence, dans le roman, les singes volants sont ses esclaves par intérim car elle possède un chapeau lui permettant de faire trois vœux qu'ils exécutent. Dans le livre la sorcière est plutôt décrite comme quelqu'un de lâche et sans grand pouvoir. Dans le film, il s'avère que Dorothy a en fait rêvé toute l'histoire alors que dans le roman son voyage est tout à fait réel.

     

    Dorothy et ses amis

    Le film nous présente une Dorothy plus mûre que dans le livre, avec une attitude de jeune fille en détresse complètement absente dans l'œuvre de Baum.

    Comme dans le film, le livre nous montre les trois amis de Dorothy possédant déjà les qualités dont ils croient avoir besoin. La différence entre le film et le roman est dans la manière dont le magicien « réalise » leurs souhaits. Originellement, il donne un cerveau à l'Épouvantail en lui décrochant la tête et pour la remplir d'aiguilles et d'épingles. Dans le film le magicien lui remet simplement un diplôme attestant de l'intelligence de l'Épouvantail. Pour l'Homme de fer, le magicien du livre lui accroche un cœur en satin alors que dans le film le cœur est une montre. Le Lion peureux se voit administrer dans le roman une potion censée lui donner le courage qu'il souhaite alors que dans le film le magicien lui décerne une médaille honorant son courage.

     

     

     

    If I Only Had a Brain

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    If I Only Had a Heart

     

     

     

     

     

     

     

    If I Only Had the Nerve

     

     

     

     

     

     

    Les Munchkins

    Les « Munchkins » sont interprétés par plus d'une centaine de personnes de petite taille qui ont l'habitude de se produire dans des vaudevilles ou dans des cirques à travers le monde. Leo Singer, le responsable de la troupe, signe un contrat avec la MGM le 1er octobre 1938 pour un engagement débutant le 11 novembre 1938.

    Pour choisir l'interprète du coroner, le directeur de casting choisit huit personnes parmi tout ce monde et leur fait lire les répliques. Et c'est finalement Meinhardt Raabe qui obtient le rôle. Adrian prend alors les mesures de tous pour créer des costumes adaptés à chacun. Il faut au département des costumes cinq semaines pour tous les réaliser. Ce temps permet aux Munchkins de répéter et être fin prêts dès l'arrivée des vêtements. Avant de tourner leur scène, chacun passe devant Jack Dawn qui leur demande quel rôle ils ont. Tous ceux avec un rôle « important » sont alors maquillés par Dawn, puis pris en photo pour que le résultat soit archivé et être ainsi reproduit les jours suivants. Il faut un peu plus d'un mois pour que la séquence de « Munchkinland » soit bouclée.

     

    Mise en scène

    Le Magicien d'Oz surprend par le contraste des couleurs. Alors que la séquence d'ouverture dans le Kansas est tournée en sépia, les scènes du pays d'Oz sont tournées en Technicolor.

    Le passage progressif d'un monde à l'autre doit se faire en colorant la pellicule image par image mais en raison de restrictions budgétaires une solution plus ingénieuse est adoptée : le décor intérieur de la ferme est peint en sépia et une doublure de Judy Garland habillée d'une robe sépia ouvre la porte. La caméra avance et fait disparaître la doublure du champ. Judy Garland apparaît alors dans sa robe bleue.

    Effets spéciaux

    Les effets spéciaux du Magicien d'Oz sont l'œuvre d'A. Arnold Gillespie, un doyen de la spécialité. Il doit concevoir pour le film plusieurs trucages qui n'existent pas encore comme la tornade emportant la maison de Dorothy, la sorcière en train de fondre ou encore la tête du Magicien flottant dans les airs, les singes volants, etc.

    Pour donner l'illusion de la maison prise dans une tornade, Gillespie filme au ralenti en fait une réplique miniature tombant du haut du plateau sur le sol peint pour imiter le ciel du Kansas. Il projette ensuite le film à l'envers pour donner l'impression que la maison tombe vers la caméra.

    Pour la tornade, il fait construire une sorte d'entonnoir en mousseline qui est ensuite fixé sur un portique amovible pouvant se déplacer sur tout le plateau, tandis que la partie inférieure passe à travers le plancher, dans une fente en forme de « S ». Le tout, d'une hauteur d'environ 9 mètres, avançant vers la caméra avec un nuage de poussière donne l'illusion d'une tornade se dirigeant vers la maison.

    Les coulisses du tournage

    Sur le tournage, les journées semblent interminables pour les acteurs. Leurs journées commencent à 5h pour se finir à 19h30 ou 20h. Chaque matin, Judy Garland doit se faire coiffer de sorte d'avoir exactement la même coiffure que la veille. Ray Bolger se fait poser un masque en caoutchouc lui bouchant les pores du visage. Ce masque et la combinaison de la lumière et de la chaleur qui règne dans le studio bloque la pénétration de l'oxygène, l'empêchant de respirer convenablement. Bert Lahr, quant à lui, doit porter un costume d'environ 45 kilogrammes.

    Lors de sa première scène, Margaret Hamilton évite le pire. Lors du tournage de la scène où la Méchante Sorcière de l'Ouest disparaît sous les yeux de Dorothy et Glinda, elle est brulée au second degré au visage et au troisième à la main. Cela aurait pu être plus grave si son maquillage n'avait pas été enlevé aussitôt car celui-ci contenait du cuivre qui lui aurait rongé le visage. Elle fait son retour sur le plateau six semaines plus tard.

    Malgré les inconvénients d'un tournage exigeant, ils gardent tous le moral.

     

    Musique

    Ce sont Yip Harburg et Harold Arlen, deux jeunes compositeurs de Broadway, qui écrivent les chansons qui rythmeront le Magicien d'Oz. Ils débutent leur travail le 7 mai 1938, Arlen se chargeant de la musique et Harburg des paroles. Le parolier contribue en parallèle au scénario du film et à la finalisation de la distribution. Une version arrangée de "Une nuit sur le mont Chauve" de Modest Moussorgski est jouée lorsque l'Épouvantail, L'Homme de fer-blanc et le Lion peureux sauvent Dorothy du château de la Sorcière de l'Ouest.

    It Really Was No Miracle

    Follow the yellow brick road

    We're Off to See the Wizard

    Optimistic Voices

    The Merry Old Land of Oz

    If I Were King of the Forest

     

    Over the Rainbow

     

    Over the Rainbow

    Over the Rainbow est l'une des dernières chansons écrites pour le film. C'est en se rendant au Grauman's Chinese Theatre avec sa femme que Harold Arlen compose la mélodie de cette chanson. Sur le chemin il demande à sa femme qui conduit de s'arrêter près de la Schwab's Drug Store et se met à écrire sur un petit bloc-notes ce qui deviendra la chanson phare du Magicien d'Oz. E.Y. Harburg écrit ensuite un texte en rapport avec l'état d'esprit de Dorothy qui n'a qu'une chose de colorée dans sa vie, l'arc-en-ciel. C'est à partir de cette idée qu'il décide d'inclure cet arc-en-ciel dans la chanson et ainsi matérialiser le souhait de Dorothy d'avoir un peu plus de gaité dans sa vie.

    Après la seconde projection du film, la chanson est coupée au montage car certains décisionnaires estiment que « ça ralentit le film » ou qu'une star de la MGM chantant dans une basse-cour « ça manque de dignité ». Mais la chanson est finalement réintégrée.

    Durant toute sa carrière, Judy Garland continuera à chanter cette chanson dans ses spectacles. Elle écrira dans une lettre adressé à Harold Arlen : « Over the Rainbow fait partie de ma vie. Cette chanson symbolise les rêves et les espoirs des gens et voilà pourquoi certains ont les larmes aux yeux en l'entendant. Je l'ai chantée des milliers de fois et c'est toujours la chanson la plus chère à mon cœur ».

     Montage

    Le tournage s'achève le 16 mars 1939 et une première version est présentée en juin. Le film dure 120 minutes et semble trop long. Des coupes sont donc effectuées et ce sont surtout des scènes de la Méchante sorcière de l'Ouest qui sont supprimées car jugées trop effrayantes pour les enfants. La séquence où la sorcière écrit dans le ciel est modifiée : à l'origine son message était « Surrender Dorothy or die - signed WWW » mais est finalement changé en « Surrender Dorothy ».

    L'une des séquences supprimées est un numéro de danse par Ray Bolger (l'épouvantail) sur la route de briques jaunes. On peut voir cette séquence inédite dans un film documentaire intitulé That's dancing! qui retrace l'âge d'or de la danse et des comédies musicales dans le cinéma américain.

    Promotion

    La promotion commerciale débute trois mois avant la fin officielle du tournage. Le 1er janvier 1939, un char représentant la thématique du film fait son apparition au Tournoi de la parade des roses. Le public à un avant goût du film en voyant les personnages prendre vie sous ses yeux. À côté de cela, Judy Garland est demandée de toute part et doit se soumettre à un nombre important d'interviews pour des émissions radiophoniques ou à des manifestations en tout genre diffusées aux actualités.

    Conscient de la renommée de Judy Garland et de Mickey Rooney, l'autre jeune star du studio, Louis B. Mayer les envoie à New York pour la première du film. Comme présagé par le patron de la MGM, près de 10 000 fans prennent d'assaut le Grand Central Terminal à l'arrivée des jeunes acteurs et provoquent une émeute. Pour maîtriser ce débordement de joie pas moins de 250 policiers sont mobilisés. À l'ouverture du Loew's Capitol Theatre, cinéma accueillant l'avant-première, plus de 15 000 personnes font déjà la queue tout autour du pâté d'immeubles. Entre chaque représentation, Judy Garland et Mickey Rooney exécutent un numéro spécialement préparé pour l'occasion. Le lancement du film est un véritable succès et est une des sorties de film les plus réussis. Il y a un tel engouement que l'on parle du « plus grand évènement depuis le retour de Charles Lindbergh ».

    Sortie du film

    En 1939, le cinéma américain a plus que jamais accouché de films aujourd'hui considéré comme de grands classiques. Face à cette concurrence, Le Magicien d'Oz, qui est le film le plus coûteux de la MGM, perd de l'argent dès sa sortie. Un espoir apparaît pour les producteurs lorsque le film est nommé pour cinq Oscars, dont celui du meilleur film, qui se dérouleront le 29 février 1940. Ils ne se font pas d'illusion face aux treize nominations d'Autant en emporte le vent, le grand favori, mais espèrent quand même une surprise. Victor Fleming, non nommé pour la réalisation du Magicien d'Oz car déjà en compétition avec le film de David O. Selznick, remporte l'Oscar du meilleur réalisateur que Mervyn LeRoy lui décerne. Le Magicien d'Oz n'est finalement pas en reste en remportant deux statuettes pour la musique de Herbert Stothart et la chanson Over the Rainbow de Harold Arlen et E.Y. Harburg par laquelle la soirée se conclut.

    Après sa première exploitation en salle, le film continue de bénéficier de séances matinales destinées aux enfants. À partir de 1956, avec l'avènement de la télévision, Le Magicien d'Oz est régulièrement diffusé, surtout pendant la période de Noël. Mais il faut attendre une vingtaine d'années pour le voir en couleurs.

    Le box-office mondial a rapporté 16 538 431 dollars, le prix du billet d'entrée au cinéma en 1939 étant estimé à 5 cent.

     

    Oscars 1940 : Meilleur Film    Meilleure direction artistique   Meilleure photographie    Meilleurs effets visuels   meilleur chanson originale    meilleur musique de film

     

    L'épouvantail

     

     

    Tin Man's Dance

     

     

    poppies

     

     

    The Wicked Witch Is Dead

     

     Je vous est fait une sélection de sept interprettations différente de la chanson phare du film

    Over the rainbow

    Prener du plaisir à les écouter, elles sont toutes différentes.

     

    Le magicien d'OzLe magicien d'Oz

     

     

     

     

     

     

                                                 

    Michael Bubble

    Il Divo

     

    Le magicien d'OzLe magicien d'Oz

     

     

     

                           

    Eva Cassidy

    Israel Kamakawo'ole

     

    Le magicien d'OzLe magicien d'Oz

     

     

     

     

     

     

     

    Manu Dibango

    Stéphan Rizon

     

    Et pour terminer, notre siffleuse nationale

    Micheline Dax

    Champs Elysées - 07/01/1984

    Micheline DAX interprète en sifflant "Over the rainbow" ; chanson extraite du "Magicien d'Oz" ;
    elle est accompagnée au piano par Michel FRANTZ.

     

    « Louis de FunesChiens perdus sans collier »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    4
    Nad17 Profil de Nad17
    Mardi 29 Janvier 2013 à 09:17

    Bonjour Georges , Magnifique travail ! Le Magicien d'Oz est peut-être une des premières comédies musicales que j'ai vu à la tv . C'est une petite merveille et Judy Garland , mon dieu Judy Garland !! superbe idée de mettre des différentes versions d'Over The Rainbow . J'ai beaucoup de tendresse pour la version d'Eva Cassidy et celle d'Israel .


    En un mot superbe !


    Je t'embrasse Nadine

    3
    Lundi 28 Janvier 2013 à 06:39

    Ce fim est une véritable merveille c'est un conte charmant à regarder en famille, les personnages sont tous attachant, un classique de la comédie musicale à voir et revoir avec judy garland inoubliable et touchante, bravo pour ton travail

    bonne journée

    bisous

    marie

    2
    mightygroove Profil de mightygroove
    Dimanche 27 Janvier 2013 à 11:27

    Fantastique travail sur ce célèbre roman pour enfants adapté au cinéma par Victor Fleming.

    Amicalement

    Gérard

    1
    Dimanche 27 Janvier 2013 à 08:36

    Je n'ai jamais vu ce film

    amicalement

    Claude

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :